Comment la BI agile apporte une valeur ajoutée au business des ETI ?

Réponse en 5 points : état des lieux des enjeux, des pratiques et des tendances en business intelligence au sein des ETI -France, 2015

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I. Convictions : la démocratisation du décisionnel au sein des ETI

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En 2015, la majorité des entreprises placent l'exploitation et l'analyse des données parmi leurs principales problématiques de gestion de l'information. Au sein des Entreprises de Taille Intermédiaire (ETI(1)), 72 % des décideurs interrogés citent l'optimisation de la performance, de la prise de décision et des activités métier comme des objectifs métier clés en matière de gestion de l'information.

Le décisionnel n'est plus cantonné aux seules directions générales, voire aux directions financières. Désormais toutes les directions métier au sein des ETI s'intéressent au décisionnel pour suivre leurs activités et faciliter leur prise de décision. La démocratisation de la Business Intelligence (BI) est plus que jamais d'actualité, poussée par des métiers désireux de disposer rapidement de solutions leur permettant d'être autonomes dans la gestion et l'analyse de leurs données.

I-A. Piloter la performance et la prise de décision

En 2015 pour les ETI, l'objectif prioritaire en termes de gestion de l'information est de disposer de données pour améliorer la performance stratégique et opérationnelle. L'enjeu est récurrent puisqu'en 2012, le contrôle de la performance était déjà le principal objectif concernant l'exploitation des données évoqué par les entreprises, toutes tailles confondues, interrogées par MARKESS.

Les décideurs d'ETI sont 44 % en 2015 à citer des enjeux liés au suivi et au pilotage de la performance et à remonter des besoins importants d'aide à la prise de décision. Toutes directions métier confondues, ils souhaitent ainsi disposer d'indicateurs clés pour piloter l'activité, d'états et de projections. Leurs enjeux actuels sont d'évaluer les actions d'optimisation de la performance et d'être en capacité de mesurer les effets et l'efficacité des actions en les réorientant le cas échéant ou en optimisant les moyens alloués (ex. augmentation du chiffre d'affaires, réduction des coûts…).

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I-B. Optimiser les processus et activités métier

Les décideurs d'ETI interrogés mettent également en avant leur besoin de disposer de données afin d'améliorer leurs processus et activités métier. 33 % d'entre eux placent en effet au centre de leurs préoccupations le contrôle des activités et des actions. La mise à disposition de données sur les activités doit leur permettre de faire évoluer, d'industrialiser, voire de refondre leurs pratiques métier.

L'information est également vue comme un vecteur permettant d'apporter une nouvelle valeur aux processus métier, en démontrant leur efficacité concrète avec l'apport de données chiffrées et en factualisant les diagnostics (par exemple, contribution de l'activité RH à la performance de l'entreprise, lien entre la diminution du nombre de litiges clients et le chiffre d'affaires engendré, etc.).

C'est là tout l'enjeu des projets de Big Data qui se mettent en place dans les entreprises, y compris dans celles de plus petite taille puisque 46 % des décideurs interrogés au sein des ETI disent en 2015 avoir initié des projets ou réflexions autour du Big Data (versus 61 % au sein des grandes entreprises et 35 % au sein des PME).

Les principaux processus concernés en 2015 par de tels projets sont ceux associés à la relation client et pour lesquels les données décisionnelles vont contribuer à optimiser la performance :

  • les processus commerciaux (avec des données permettant de faciliter le suivi, la connaissance ou les négociations clients) ;
  • le service délivré au client (analyse de l'expérience utilisateur, analyse des comportements, définition de cibles opérationnelles, développement des liens cross canal, personnalisation de la relation, fidélisation…).

L'analyse et l'exploitation des données ne se limitent cependant pas à ce périmètre et intéressent toutes les directions métier. Ainsi, des projets Big Data en lien avec l'exploitation des données se développent au niveau de la production avec la maintenance prédictive, des ressources humaines pour optimiser la gestion des compétences et des talents, de la finance et des achats pour contrôler la conformité aux exigences réglementaires, etc.

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I-C. Analyser visuellement en temps réel

L'analytique est un des points clés aujourd'hui pour les décideurs d'ETI interrogés par MARKESS. Près de 80 % d'entre eux considèrent que l'analytique représente un axe essentiel pour optimiser leurs processus et activités métier sur 2015.

Ces décideurs privilégient particulièrement plusieurs fonctions :

  • l'intégration du décisionnel et de l'analytique au sein de leurs applications métier.

    Plus d'un décideur sur deux dispose de fonctions de reporting ou de tableaux de bord dans des solutions dédiées, mais moins d'un quart indique avoir des fonctions décisionnelles ou analytiques accessibles directement depuis leurs applications ;

  • l'analyse prédictive pour anticiper et prévenir des actions éventuelles (voir point #4) ;

  • la visualisation de données (ou datavisualisation) pour avoir des restitutions graphiques permettant d'appréhender visuellement et en temps réel des jeux de données. La datavisualisation est un enjeu qui semble proportionnel à l'effectif de l'entreprise puisqu'il est davantage cité dans les grandes entreprises et dans les ETI qu'au sein des PME. Néanmoins seuls 13 % des décideurs interrogés indiquent disposer de restitutions de données sous forme de visualisations avancées.

À noter que près de 80 % des décideurs interrogés indiquent manquer de compétences en interne sur ces périmètres. Les profils expérimentés sont demandés, notamment pour des fonctions d'exploitation analytique.

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I-D. Anticiper grâce au prédictif

Les décideurs interrogés au sein des ETI sont encore peu équipés de solutions d'exploration de données ou de prévisions même si ces points sont listés dans les principaux périmètres qu'ils jugeraient utiles pour leurs activités. Ils disposent principalement de tableurs Excel (près de 90 % des répondants ETI indiquent les utiliser pour l'exploitation analytique et décisionnelle de leurs données), de rapports (88 %) et de tableaux de bord personnalisés ou génériques (85 %) dans lesquels ils suivent des indicateurs sur leurs activités, parfois en lien avec les objectifs généraux de l'entreprise.

L'analyse prédictive est un réel enjeu pour les décideurs métier au sein des ETI. 20 % d'entre eux la placent parmi leurs trois enjeux majeurs de gestion de l'information et 38 % voient comme essentielles les fonctions d'analyse prédictive à leurs activités métier.

Au sein des directions métier la demande est particulièrement forte pour des fonctions d'analyse prédictive pour anticiper des évolutions, faire des choix éclairés et prévenir des actions éventuelles. L'objectif ici n'est pas de faire un bilan, mais d'avoir des tendances et des projections pouvant optimiser différents processus métier, par exemple :

  • suivi et détection du taux de churn pour la gestion de la relation client ;
  • anticipation de la masse salariale ou de risques de départs pour les ressources humaines ;
  • prévisions du chiffre d'affaires pour les directions générales ;
  • maintenance prédictive et anticipation des pannes pour la production, etc.

Les directions métier des ETI, au même titre que leurs consœurs dans les grandes entreprises en France, sont en demande non seulement des modèles prédictifs, mais aussi de recommandations.

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I-E. Rendre les métiers agiles et autonomes

Les directions métier réclament une démocratisation de ces fonctions analytiques et décisionnelles pour leurs propres processus métier, DAF et directions digitales en tête suivies des directions logistique et marketing.

Les décideurs métier interviewés souhaitent en effet de plus en plus prendre en main la gestion des projets liés aux données. Ainsi, si en 2015 la direction informatique reste plébiscitée par la majorité des décideurs métier pour la gestion des projets Big Data, certaines directions souhaitent faire entrer ces projets dans leur giron. C'est notamment le cas des directions marketing au sein desquelles 64 % des décideurs pensent que la gestion des projets Big Data est du ressort de leur direction. Cet investissement dans de tels projets se concrétise par une hausse constante depuis 2012 des budgets associés à l'analytique et au décisionnel par les directions métier.

De la même façon, si les profils en charge des données restent principalement rattachés à la direction informatique, il émerge de plus en plus de profils rattachés aux directions métier, notamment sur des données typées (par exemple, données clients gérées par la direction marketing).

Les directions métier réclament néanmoins des solutions simples et faciles à utiliser (48 %) qui soient également rapides à mettre en œuvre (35 %) et à faire évoluer (24 %).

Mettre à disposition des solutions de gestion des données à disposition des directions métier implique en effet de pouvoir rendre les utilisateurs autonomes sur les outils en limitant le recours à l'informatique. Ils se tournent ainsi davantage vers les solutions de BI Agile leur permettant d'avoir des outils d'exploitation de leurs données dans des temps impartis très courts.

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II. Conclusion

Les solutions décisionnelles doivent permettre de diffuser la connaissance dans l'entreprise. En les démocratisant auprès des métiers, elles vont apporter une valeur aux processus opérationnels et à la performance des organisations.

Pour les ETI, ces enjeux sont essentiels. Les décideurs interrogés issus des ETI souhaitent disposer d'éléments de tableaux de bord, d'indicateurs clés, d'analyses graphiques et de prévisions pour piloter leur activité et prendre les bonnes décisions. Ces entreprises réclament d'ailleurs plus que d'autres une démocratisation de la BI avec des fonctions décisionnelles intégrées à leurs processus et applications métier. Néanmoins les décideurs des ETI mettent

aussi plus en avant que les homologues des PME et des grandes entreprises les problématiques liées à la sécurité et à la qualité des données, impliquant des processus de gouvernance nécessaires pour tirer le meilleur parti des données.

III. Méthodologies

MARKESS a développé un programme de recherche continue qui s'appuie sur des bases de données internes et qui est renseigné par des entretiens réguliers tant auprès de directions métier que de DSI. Les données mentionnées dans ce livre blanc réalisé pour TIBCO Software sont le fruit de plus de 500 entretiens de décideurs travaillant dans des entreprises basées en France. Réalisés au cours des derniers 18 mois par les analystes de MARKESS, ces entretiens portent sur des thématiques aussi variées que la gestion des données selon les directions métier, le Big Data, l'accès aux solutions analytiques et décisionnelles…

IV. Biographie de l'analyste

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Ce livre blanc a été rédigé par Laetitia Bardoul, analyste senior au sein du cabinet MARKESS. Laetitia Bardoul a plus de 15 ans d'expérience dans l'analyse de la transformation digitale des entreprises et administrations.

Elle est responsable du programme INFO (consacré à la gestion d'informations structurées et non structurées, physiques ou électroniques) : analyse qualitative et quantitative des besoins et pratiques des décideurs métier et IT avec le digital, identification des innovations numériques, benchmarks, positionnement d'offreurs et analyse concurrentielle, évaluation et segmentation de marchés, rédaction de documents de synthèse, interventions lors de conférences publiques et d'événements privés… Ses expertises majeures sont liées aux domaines suivants : Big Data, Business Intelligence & Analytics, Datavisualisation, Strategic Performance, Social Media Governance, Event Management, ETL, Data Quality, Metadata Management, Master Data Management, BI as a service…

Avant de rejoindre MARKESS, Laetitia Bardoul a travaillé comme maîtrise d'ouvrage sur des projets CRM, consultante solutions au sein de différents cabinets d'analyste et journaliste sur des thématiques liées aux nouvelles technologies.

V. À propos de MARKESS

MARKESS est une société d'études indépendante spécialisée dans l'analyse des marchés des technologies du numérique et des stratégies de modernisation des entreprises et administrations. Depuis sa création en 1997, MARKESS réalise plus de 5000 interviews par an de décideurs et prestataires pour aider tant les organisations utilisatrices à mieux comprendre et tirer parti des technologies du numérique que les offreurs à mettre au point une stratégie optimale pour cibler ces marchés.

Plus d'informations sur http://www.markess.com/.

VI. Remerciements

Nous tenons à remercier Claude Leloup pour sa relecture orthographique et Malick SECK pour la mise au gabarit.

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Définition : Selon l'INSEE, une ETI est « une entreprise de taille intermédiaire qui a entre 250 et 4999 salariés, et soit un chiffre d'affaires compris entre 50 millions et 1,5 milliard d'euros, soit un total de bilan compris entre 43 millions et 2 milliards d'euros. Les ETI constituent une catégorie d'entreprises intermédiaire entre les PME et les grandes entreprises. »